mode de vie

Notre mode de vie …

Une sur les modes de vie initialement publiée le 23 avril 2017 dans mon blog naufragé.

Notre mode de vie est sans le moindre doute supérieur à tous les autres dans le .”

C’est Le Soir du 22 avril qui rapporte ces propos affligeants de la présidente de l’Open VLD, le parti libéral flamand. Elle s’en prend évidemment, et sans nuance, à l’islam, fustige “le prétexte que toutes les cultures se valent” et refuse catégoriquement “d’accorder du aux autres personnes”.

Quelle suffisance, quelle arrogance !

Qu’il y ait des problèmes de cohabitation entre une frange agressive de l’islam et la société occidentale, c’est un fait évident, mais qui n’autorise en rien cette généralisation abusive et hautaine :“notre mode de vie est sans le moindre doute supérieur à tous les autres dans le monde” !! Je n’en crois toujours pas mes yeux. Il y a là, au mieux un usage inconsidéré du vocabulaire, au pire un digne des errances du colonialisme qui, en , qualifiait “d’évolués” les rares Congolais admis à faire des études. Et puisqu’il est question ici d’Islam, donc d’Arabes, le livre de Jean Pruvost, “Nos ancêtres les Arabes” apporte un éclairage lexical intéressant sur tout ce que notre civilisation leur doit.

Que nous soyons attachés à notre mode de vie, soit. Mais ce mode de vie, basé sur une surexploitation des ressources, sur l’exclusion des plus faibles de la société, sur l’exploitation éhontée d’une part importante des habitants du monde, en quoi est-il supérieur ? Supérieur à tous les autres ? Supérieur même à ceux (il y en a, oui) qui respectent la nature, qui recherchent l’harmonie, qui font passer la qualité de la vie avant le profit ?

On voit bien ici la maladie qui ronge nos dirigeants et notre société: une résurgence du racisme ordinaire, qui considère sans complexe qu’il y a nous et les autres, que nous sommes “supérieurs”. Cette maladie hélas contagieuse qui dresse les uns contre les autres sous le moindre prétexte, qui fait voir en l’autre un ennemi à combattre, qui porte à ne concevoir la vie sociale que comme une liberté revendiquée pour soi-même et un carcan à imposer aux autres.
Madame Rutten parle de liberté: c’est au nom de cette liberté qu’elle voudrait nous enfermer dans la prison de ses certitudes.
Ce n’est pas de murs dont nous avons besoin, mais de ponts.

En élargissant un peu le propos, on peut se demander en quoi le repli sur un “mode de vie” pensé comme supérieur et incompatible avec tout autre pourrait être une solution efficace à une question sociale réelle. Car, si on se considère comme “supérieur”, les autres sont forcément “inférieurs”, et on le leur fait savoir. Ce qui n’a absolument aucune chance d’aboutir à une situation acceptable pour qui que ce soit, mais au contraire ne fera qu’attiser les antagonismes. Les crispations de part et d’autre se renforceront mutuellement, pour mener inévitablement à des affrontements où chacun se verra victime de l’intransigeance, de l’extrémisme ou du racisme de l’autre. La seule voie possible est au contraire celle du dialogue, qui nécessite “d’accorder du temps aux autres personnes“, mais aussi de la considération.

En attendant, Madame Rutten, et toute la clique des racoleurs de son espèce qui aiment faire prendre des vessies pour des lanternes, nous mènent tout droit vers une catastrophe sociale dont il sera bien difficile de se relever.

À moins que … ?


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