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Le poids des mots.

Comme les actes, les d’aujourd’hui sont lourds.

Lourds de tristesse, lourds de peur, lourds de menaces ou de haine aussi. Ils volent en formations serrées dans nos esprits et nos conversations, ils hantent nos cauchemars et se déversent à flot continu sur les réseaux.
Les mots nous serrent la gorge, n’osent pas sortir ou se ruent dans l’espace; nous les brandissons comme des bannières ou comme des armes, nous les étalons comme un baume sur nos blessures béantes.

Signe de l’obsolescence de la loi du talion, aux bombes, au sang, aux morts, nous répondons par des mots.
Signe de notre impuissance, nous les voulons plus forts, plus violents, ou plus doux, plus apaisants. Depuis longtemps on n’avait autant parlé de guerre et d’amour.

Mais ces mots si lourds se propagent, nous engagent, portent en eux des conséquences, des dérives parfois, dont on ne sait vers quel futur elles nous entraînent.

Soyons donc prudents avec les mots, ne leur laissons pas la bride sur le cou, au risque de créer un emballement que nous ne pourrons pas plus maîtriser que les bombes terroristes.

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[…] monde. » La contagion est en marche, et il est plus que jamais nécessaire d'être attentifs aux mots que nous […]

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[…] Quand le ministre belge de l’intérieur s’exprime, cela provoque souvent la polémique. La dernière sortie en date de Jan Jambon: «Des musulmans ont dansé après les attentats.» Aussitôt, le Parlement et la presse s’émeuvent, et les commentaires vont bon train. La question ne me semble pas devoir porter sur la réalité des faits (il est évident que tous les sympathisants, voire complices, n’ont pas été arrêtés), ni sur leur nombre (un seul est déjà un de trop). La question n’est pas non plus de savoir s’il faut combattre le fléau terroriste et ses adeptes: il y a belle lurette… Lire la suite »

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