Les femmes et les enfants … ensuite.

Que n’a-t-on entendu comme commentaires péremptoires à propos des , du scandale de ces hommes fuyant seuls, abandonnant et .

La réalité qu’on entrevoit aujourd’hui est bien différente: ces hommes n’ont souvent abandonné personne. Jeunes et célibataires, sans charge de famille, ils sont partis à la recherche d’un avenir; mariés et pères, frères ou oncles, ils sont partis en éclaireurs, préparer une situation aussi stable que possible pour leur famille.

On le voit aujourd’hui, la plupart des réfugiés bloqués en Grèce sont des femmes et des enfants. Ceux qui sont arrivés avant eux les ont pressés de partir, voyant les portes se refermer. Eux connaissent, pour les avoir vécus, les périls et le coût du voyage, et l’accueil peu chaleureux de l’. Pour inciter leurs enfants à entreprendre malgré tout ce voyage, au péril de leur vie, il faut qu’ils n’aient plus aucune illusion sur le sort qui les attend s’ils restent.

Mais la Grèce est devenue une impasse, une nasse où sont prises au pièges des milliers de personnes qui ne peuvent plus ni avancer ni reculer, dans un pays déjà dévasté par la crise économique et l’égoïsme chronique des pays européens. Une seule voix, parmi les ténors de l’Union Européenne, se refuse à entonner le refrain du repli et du rejet: la chancelière allemande Merkel appelle dès le début à la solidarité et à l’action européenne commune, ou tout au moins concertée. Elle en perd même l’usage de la formule diplomatique, refusant de laisser la Grèce se débrouiller seule.

On se souvient pourtant de l’intransigeance, pour ne pas dire l’arrogance, dont a fait preuve l’Allemagne, et singulièrement sa chancelière, vis-à-vis de la Grèce lors de la crise monétaire et financière de l’été dernier. Au point que l’on peut se demander ce qui se cache derrière le soudain élan de solidarité allemand. Il reste que dans le cas des réfugiés, l’Allemangne, et singulièrement sa chancelière, n’a pas reculé, ou si peu, devant les manifestations parfois violentes d’opposants racistes d’, ni devant les menaces plus ou moins voilées de personnalités politiques influentes.

Finalement, l’Union fait un geste: 700 millions d’euros en 3 ans … pour aider à parquer les migrants en Grèce ! C’est évidemment mieux que rien, mais on peut craindre que cette aumône ne serve qu’à donner un semblant de bonne conscience aux dirigeants européens, et qu’on ne voit toujours pas venir d’action structurelle concertée. En attendant, on continue à fermer les portes. L’important n’est évidemment pas de contribuer à une ébauche de solution, mais, dans le plus pur style NIMBY, de balayer le « problème » au-delà de la frontière, sur l’air de « pas de ça chez nous! »

En Europe, comme ailleurs, comme partout, la solidarité existe pourtant, mais elle est individuelle, elle est le fait de personnes ou d’associations, souvent discrètes. Trop discrètes face au flot putride des expressions de haine.

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