Europe déchirée

L’Europe en lambeaux

Après l’affaire du (et de la Suisse, et de l’Allemagne), les réactions ne manquent pas. L’éditorial du Soir, qui prend une position critique vis-à-vis des dérives actuelles, suscite un flot de commentaires qui vont du sarcastique au franchement injurieux. Et bien peu nombreux sont ceux qui, comme ce lecteur, affichent un minimum de bon sens, de mémoire et d’empathie.

Au commencement était le verbe. Merci donc à Béatrice Delvaux de « dire ». Le « dire » ne résout pas les choses en soi mais a le mérite de faire réfléchir au moins ceux (apparemment de moins en moins nombreux) qui restent ouverts à la . Non pas les tenants du « politiquement correct » ou les extrémistes de tous poils mais ceux qui continuent à penser que des problèmes appellent des solutions raisonnables et raisonnées. Regardez les films « Tombouctou », « Salafistes » et bien d’autres. Vous comprendrez ce que vivre sous Daech signifie et pourquoi les populations sous leur joug veulent y échapper. Regardez les ruines d’Alep et de tant d’autres villes du Moyen-Orient (parfois 60% de bâtiments rasés et plus aucune infrastructure, ni eau, ni gaz, ni électricité)). Mourir sur place ou vivre ailleurs, c’est un choix. Quel qu’il soit, respectons-le. Une partie de ma famille et de ma belle famille (dans deux pays différents) s’est jadis retrouvée sur les routes, après avoir presque tout perdu dans les bombardements allemands ou alliés. Ils n’ont pas crevé de faim mais ont gardé, pendant des décennies, des liens avec ceux qui les ont aidés. Si, en outre, on leur avait pris le peu de choses que contenait leur baluchon, ils ne l’auraient pas compris et auraient conservé non de la reconnaissance mais de la rancoeur. Celle qui est toujours mauvaise conseillère.

Après l’éclat de Louis Michel, c’est une grande voix européenne qui s’est fait entendre aujourd’hui: Daniel Cohn-Bendit dans une interview de 40 minutes remet les pendules à l’heure, et nos yeux en face des trous européens.

On peut ne pas être d’accord avec leurs orientations politiques à tous deux, on peut les contredire sur bien des points. Ils n’en sont pas moins aujourd’hui deux des trop rares expressions d’une conscience européenne malmenée, déchirée par les égoïsmes nationaux, sinon régionaux.


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