poubelle

Ouvertement, ou en douce ?

Il y a peu, je m’indignais, et d’autres aussi un peu partout dans le , de la manière dont le Danemark comptait dépouiller les : une loi récemment votée permet à la police de saisir les biens personnels des au-delà d’une somme relativement modeste.

Quelques jours plus tard, c’est le gouverneur de Flandre Occidentale qui demandait aux bénévoles de Zeebrugge de ne plus nourrir les réfugiés, de crainte que cela n’en attire d’autres.

Désormais, à Zeebrugge, c’est à une véritable chasse à l’homme que se livrent les autorités: chaque jour apporte son quota d’interpellations. Plutôt que d’organiser une véritable gestion humaine du drame de ces gens, tout, même les attitudes les plus indignes, vaut mieux que de risquer d’effaroucher quelques touristes. Le dernier « exploit » en date à Zeebrugge fut d’arrêter un groupe de réfugiés iraniens cherchant à joindre l’Angleterre, puis de faire ramasser par le service des immondices les maigres biens qui leur permettaient de survivre dehors en plein .

La n’a pas de loi permettant de spolier les réfugiés, mais, en douce et sans émouvoir grand monde, on ne se prive pas d’agir dans le même sens. L’évêché de Brugge et les bénévoles qui viennent en aide aux réfugiés ont réagi, heureusement. Mais que pèse leur voix dans le concert de haine et de rejet ?

Certes ces gens n’ont pas de titre de séjour; certes ils caressent une utopie en s’acharnant à vouloir rejoindre l’égoïste Angleterre repliée sur son insularité; certes ils font un peu tache dans le décor de carte postale de la côte. Mais ILS SONT LÀ ! Et c’est une utopie peut-être pire que de croire qu’il est possible de s’en débarrasser.

La seule issue, pour l’ entière, est de prendre conscience de l’inutilité des barrières: l’espèce humaine est migrante, et la recherche du meilleur endroit pour vivre – ou survivre – est inscrite dans ses gènes. Refuser de voir, d’aider, d’accueillir ces personnes, c’est aussi refuser de voir la part de responsabilité de nos pays dans la situation catastrophique des leurs.

Le scandale, ce n’est pas la présence chez nous de réfugiés, ce sont les raisons de leur présence: l’irresponsabilité de l’Occident qui a si bien joué aux dés sur la carte du monde qu’il a réussi à créer des situations inextricables et insupportables pour les populations, et l’arrogante richesse du même Occident qui ne tolère pas la présence sur son sol de « migrants économiques » (lisez « profiteurs ») tout en continuant à exploiter sans vergogne les ressources et les gens d’une bonne partie de la planète.

Simpliste peut-être, mais partie en tout cas d’une indéniable réalité: nos ordinateurs, nos smartphones, nos diamants, nos voitures … ont du sang sur les . Tous coupables, alors ? Bien sûr que non, mais responsables, dans la mesure où nous fermons les yeux et continuons à plébisciter les meneurs d’un égoïsme collectif effréné.


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