les autres

Les uns sans les autres

Cela semblait pourtant clair: notre société malade a un urgent besoin de se rassembler, de retisser ses liens, de cesser d’abandonner une partie importante de ses membres sur le bord du chemin, pour ne pas dire dans la fange du fossé. Cela allait de soi, on allait rendre une place aux exclus, on allait …

Mais le chemin de la réconciliation sociale est long, tortueux et verglacé: le dérapage y est fréquent … et ça n’a pas manqué. Tandis qu’on augmente les effectifs policiers et les nécessaires moyens affectés à la traque aux terroristes, la Wallonie diminue les indispensables moyens affectés à la « cohésion sociale ». Là où il faudrait impérativement soutenir, ou, mieux, susciter les initiatives sociales et culturelles, on « réoriente » l’effort (en le diminuant) vers les seuls logements sociaux. Là où la mixité sociale et culturelle devrait être une priorité, on prend le risque de créer de nouveaux ghettos.

Bien sûr le logement social est nécessaire, vital même. Mais sans un maximum d’accompagnement vers une intégration socio-culturelle, il ne servira qu’à mettre un couvercle temporaire sur une marmite qui, tôt ou tard, nous explosera au visage. Les impératifs économiques sont ce qu’ils sont, et il faut faire avec: il faut pourtant se garder de leur soumettre sans discernement tous les aspects de notre société. Les priorités pour les années qui viennent sont claires: ce sont les gens, leur communauté, qui priment. Une société qui néglige et méprise une part toujours croissante de sa population court à sa perte: il ne s’agit pas ici de morales (quoique …) mais de survie. Tant que la priorité absolue restera une croissance économique dont ne bénéficie qu’une partie du corps social, tant que l’on continuera à jeter avec réticence quelques miettes aux victimes de cette croissance absurde, tant que les droits de l’homme seront une épine dans le pied, nous nourrirons en notre sein des terroristes de tout poil.

En cette période où il est de bon ton de souhaiter à tout un chacun une « bonne année » assortie de nos « meilleurs voeux », je me prends à souhaiter que demain ne soit pas pire qu’aujourd’hui. Mais la question reste, lancinante: où en serons-nous demain ?

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