C’était le bon temps …

En ces troublés, on se tourne volontiers vers un passé rêvé, fantasmé, sublimé. On entend, on se surprend à penser aussi, parfois, que c’était mieux avant, qu’il n’y avait pas toute cette , que la était un pays calme et prospère, à l’abri des spasmes douloureux d’un perçu comme extérieur.

Et c’est vrai. Membre fondateur d’une Union Européenne conçue comme garant d’une paix et d’une prospérité durables, le Belgique fait aujourd’hui partie de ces îlots protégés que n’atteignent que les dernières vaguelettes des tsunamis.

Elle n’est pas pour autant un long fleuve tranquille, loin s’en faut.
La prospérité, elle n’est manifestement pas pour tout le monde; comme ailleurs, la richesse des uns se nourrit de la pauvreté, sinon de la , des autres.
Notre histoire récente est parsemée de conflits violents.
Pendant l’ 1960-61, une grève générale tourna à l’émeute, presque à l’insurrection, faisant des morts et des dégâts considérables.

En 1968, l’année du fameux mai parisien,

Paroles

ce n’est ni dans la paix ni dans la fraternité que l’université de Louvain se brise en deux.

En 1981, dans les Fourons,  les altercations entre Flamands et Wallons tournent à l’échauffourée.

En 1985, les tueurs du Brabant, non encore identifiés à ce jour, sèment la terreur dans le pays.

En 1985 toujours, les CCC commettent un attentat terroriste à , tuant deux pompiers.

En 1996, Marc Dutroux et ses complices enlèvent, violent et assassinent des . Cette affaire ébranle la Belgique et laisse des traces indélébiles.

En décembre 2011, à Liège, un tireur embusqué sur un toit mitraille la foule de la place Saint-Lambert.

 Alors, décidément non, notre histoire n’est pas un long fleuve tranquille. La violence est là, aux aguets, au coeur des hommes.
Mais la mémoire des hommes est bien faite, qui s’empresse d’estomper le malheur passé, comme une plaie qui cicatrise.
Les événements de notre enfance ne nous ont guère atteints, préservés que nous étions par cette innocence tant chantée par les poètes. Pendant l’hiver 60-61, il a fait très froid, il gelait jusque dans nos chambres à coucher, et nos écoles ont été fermées quelques jours, un rab de vacances. De la grande grève, dans ma mémoire, rien.

Nous nous berçons de l’illusion d’un passé préservé; de quelles utopies nourrirons-nous notre avenir ?

Pour partager ...
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une réaction ? Un commentaire ?

Veuillez Connexion pour commenter
avatar

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

  S’abonner  
Notifier de
%d blogueurs aiment cette page :