Oubli.

Ce texte – cet « oubli » –  est ma participation à « l’agenda ironique » proposé par le blog palimpzeste pour le mois de juillet.

 

Oubli.

 

Des enfuis les témoins ne sont plus,
évanouis dans leurs linceuls.
Avec eux les échos se sont tus
d’un passé qui nous laisse seuls.

Quelque Sherlock ne pourrait-il,
l’oeil rivé à son microscope,
raviver en cinémascope
quelque rue d’une ancienne ville ?

Cet artiste en phrénologie,
sondant nos reins,
ramènera-t-il à la vie
les jours sereins ?

Retrouvera-t-il les nuances
et la finesse
des porcelaines de l’enfance,
de la tendresse ?

Sherlock, lance-nous une corde,
l’inondation des temps nouveaux
noie les souvenirs qui se tordent
en tentant de sauver leur peau.

La chute est désormais irrémédiable
vers les limbes laiteux de l’oubli.
Ni Sherlock, ni ange, ni diable,
ni pangolin, ni grand mufti
ne feront vivre un jour de plus
le souvenir de ce qui fut.

 

André

 


À quoi a répondu Jobougon, dans « L’impermanence n’est pas un rêve« :

Les temps à venir


Pour partager ...
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

17
Une réaction ? Un commentaire ?

Veuillez Connexion pour commenter
avatar

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

  S’abonner  
le plus récent le plus ancien
Notifier de
trackback

[…] A relire ici. […]

Palimpzeste

Bonjour André !
Les participants de l’Agenda ironique de juillet souhaitent vous passer le lambeau pour l’organisation de celui du mois d’août… Seriez-vous prêt ?
Floriane

lateliersouslesfeuilles

Je reste sans voix devant tout ce talent en poésie !

laurence délis

Savoir écrire de la poésie, ça m’impressionne toujours, et quand des mots imposés (et quels mots !) y trouvent leur place aussi aisément… je dis bravo ! 🙂

Écri'Turbulente

Le passé nous laisse seuls dans un présent prédicteur d’un futur qui verra l’extinction des pangolins.
J’aime terriblement ce poème <3

jobougon

Un artiste en phrénologie est un artiste nettoyeur à n’en point douter.
C’est une rétrospective joliment retracée à la loupe.
Un peu comme une poésie d’outre-temps.
Mais S bien raisonnable ?

Palimpzeste

Bravo André ! J’aime imaginer nos souvenirs sous microscope et en CinémaScope.

Paola

Uma estrela no céu preto

Estrella RF

El olvido es casi siempre irremediable.
Bisous.

%d blogueurs aiment cette page :